Création Hubert et Odile Ersatz

 

Chorégraphie : CLO LESTRADE

 

Hubert et Odile Ersatz n'ont droit ni à la tragédie, ni à la comédie, ni même à l'exode ( pièce comique qui se jouait après les tragédies), pas plus qu'au roman !

Ils rêvaient d'être protagonistes (de protos, premier - acteur qui a le rôle principal) mais ont dû se contenter d'être des produits de remplacement. A ces ersatz d'acteurs on a confié le prologue, l'épilogue...leur vie a donc été brève, limitée à l'avant et à l'après avec, entre, la grande béance d'une histoire qui ne les concernait pas. Ils rêvaient du Soulier de Satin ; ils joueront Le tong en skaï, épopée simili et vague pasquinade, toute de bribes vêtue.Les décors seront faux (carton pâte, jalousies légères tenant lieux de portes), les costumes des trompe-l'oeil, quant à la musique elle émanera d'ersatz d'instruments (escalier musical...) comme à l'époque où les clowns interdits de musique fabriquaient de faux instruments.

Interprètes : France DAVID - Bruno BLAIS - Jacques FETTAH

Costumes : Florence MULLER

Lumières : Stéphane AUBERT

Photos : Joëlle PESCE

Clo clown clone

En résumé, je dirais que le clown, cher à Clo Lestrade, n'apparaît plus seulement aujourd'hui comme le clown, mais bien comme le Clone d'une humanité décervelée.

Vision d'ensemble, technique, dérision, critique/autocritique, clonage : ces éléments, qui permettent une approche du travail de Clo Lestrade, mais aussi de jeunes compagnies, à Paris et en régions, semblent être, pour reprendre le mot de Michaux, ces "poteaux d'angle" jalonnant les voies où avance la création chorégraphique, en France, aujourd'hui.

S'agissant de Clo Lestrade et du Groupe Ex-il, je me permettrais, en terminant, une critique, ou plutôt, un voeu : dans leur angle d'attaque - la dérision de la société contemporaine -, Clo et le Groupe Ex-Il mettent plutôt en cause les signes, si emblématiques soient-ils, de cette société, que la société elle même. Ils en ont à l'excroissance, plutôt qu'au fond.

Dans ce jeune groupe, et en sa chorégraphie, on sent, pourtant, les prémisses d'une force dévastatrice, qui pourrait exploser sur un projet plus ample, à la manière, un peu, de ce que nous montra, trop brièvement hélas, un Didier Gabilly, dont le nom vient tout naturellement à l'esprit, s'il faut imaginer jusqu'où pourrait aller, en cette fin de siècle, le théâtre.

Pierre Bourgeade - " Les Saisons de la Danse "

 

Le Tong en skaï

JOYEUX BURLESQUE

Le Tong en Skaï est avant tout une étonnante succession de gags. Le second élément du titre n'est d'ailleurs pas négligeable. " En skaï " apporte l'idée d'imitation, de caricature. Ainsi avec des bouts de ficelle, Clo Lestrade orchestre un véritable music-hall à la maison. Et l'air de rien, sans se prendre au sérieux, elle présente une petite pièce montée avec humour et rigueur explorant l'univers du cirque, de la comédie musicale et du cinéma glamour...

Oui, ce quatuor est complètement fêlé, mais il est aussi très doué et donne lieu à un agréable divertissement. Ce tong en skaï vaut bien des pantoufles de vair et des souliers de satin!

par Marie-Gaëlle BRETON - Les SAISONS DE LA DANSE -

 

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